2005... 1905... C’était il y a cent ans. Une véritable ruée dans la couleur. Le fauvisme en France, l’expressionnisme en Allemagne, le XXe siècle balbutiant allait se noyer dans les effluves rugissantes d’une peinture avide de liberté. « Le droit de tout oser », jadis revendiqué par Gauguin, disparu deux ans auparavant, s’imposait comme le mot d’ordre de toute une nouvelle génération.
2005... 1905... C’était il y a cent ans. Un véritable séisme. Le fauvisme à Paris, au salon d’Automne ; l’expressionnisme à Dresde, au sein du groupe intitulé Die Brücke. Ici, Matisse, Derain, Vlaminck, Dufy et les autres ; là, Kirchner, Pechstein, Schmidt-Rottluff et consorts. L’histoire de l’art allait connaître l’une de ses révolutions les plus agitées. L’impressionnisme dépassé, le symbolisme remisé, le naturalisme abandonné, il n’y en avait plus que pour l’expression, le ressenti, voire l’instinct. Et la couleur de se détacher du sujet pour gagner son autonomie.
Située en bordure de la frontière franco-allemande, entre les deux foyers parisiens et dresdois, la ville de Sélestat ne peut rester insensible à l’évènement d’un tel centenaire. Parce qu’elle sanctionne l’ouverture d’esprit de la ville aux créations les plus pionnières en lui inventant tous les deux ans une nouvelle aventure artistique, Sélest’art, la biennale d’art contemporain de Sélestat, célèbrera à sa manière ces 100 ans en faisant de la couleur le thème générique de son 16e numéro.
Sous le titre « La couleur ? Quoi d’étonnant ! », inspiré par Charles Baudelaire, Sélest’art 2005 réunira une quinzaine d’artistes de générations et de pratiques diverses chez qui la couleur détermine l’œuvre dans son concept comme dans sa matérialisation.