Chantal Michel

Née en 1968 à Bern (Suisse).
Vit et travaille à Thun (Suisse)
http://www.chantalmichel.ch/

Illust:

Chantal Michel, Die, 12.7 ko, 192x255

Chantal Michel, Die Töchter vom Aeschenried, 2010

Courtesy : Galerie Heinz-Martin Weigand, Ettlingen
Crédit photo : Chantal Michel


" Chantal Michel développe un travail de photographie, de vidéo et de performance à partir d’une conscience prééminente du corps, mais d’un corps traité comme en devenir d’une image. Au fil des séries d’une œuvre foisonnante, elle revisite une infinie galerie d’archétypes féminins, allant de la princesse de contes de fées à la femme objet, jusqu’à se dédoubler dans un troublant reflet d’elle-même. Déguisée, grimée et travestie, elle est le modèle de ses images où elle incarne des figures façonnées par l’inconscient ou la culture populaires. II ne s’agit pourtant pas d’un travail sur l’autoportrait, car ces photographies mettent en scène le caractère fantasmatique d’un personnage, en tension avec l’espace qui l’accueille ou le contraint. De cette tension entre stéréotypes de la figure et décors, banals ou typiques jusqu’à la caricature, naît un sentiment de déjà vu et de décalage à la fois fascinant et inquiétant. L’œuvre de Chantal Michel est la mise en scène d’une absence à soi-même, d’une identité à chaque fois conférée et interrogée par le contexte. Dans ses œuvres plus récentes, l’artiste investit des espaces moins physiques et davantage de représentation culturelle, allant jusqu’à adapter l’un à l’autre les thèmes des compositions à l’espace d’exposition, plongeant ainsi le visiteur dans un univers parfaitement mental. Elle a récemment mené un travail de réinterprétation de l’œuvre du peintre naturaliste suisse Albert Anker (1831-1910), où elle reprend en charge par la photo les genres traditionnels de la nature morte, de la scène de genre et du portrait. Toujours placée au cœur des images, elle pousse cette réinterprétation jusqu’au stade d’une installation vidéo où les figures de cette peinture sont réinterprétées dans un espace onirique et fantasmatique. Présentées dans un espace d’exposition moderne et dédié à l’art contemporain, ces œuvres interrogent la question d’une programmation artistique dans un rapport entre le local et le global. "

Olivier Grasser

publié le 28 juillet 2011