Valérie Graftieaux

Née en 1972 à Orléans.
Vit et travaille à Strasbourg.
www.valeriegraftieaux.net

Illust:

Valérie Graftieaux -, 29.7 ko, 236x236

Valérie Graftieaux - Dents de sagesse, 2007

Série de 4 photographies noir et blanc sur toile. 45 x 45 cm. Collection de l’artiste


Soirée rencontre le jeudi 8 octobre à la salle Ste Barbe.
Présentation et entretien autour de son travail en présence de Philippe Piguet.

« Je porte de l’attention, nourrie de science et de curiosité, pour capter la profondeur d’évocation de certains éléments naturels. Un réseau de liens, de connivences, d’extrapolations se met alors en place entre le microcosme et le macrocosme, entre le singulier et l’universel, entre l’image et l’imaginaire du spectateur. Des objets naturels, qui peuvent paraître insignifiants, je tire des images photographiques qui deviennent signifiantes. Ces images sont à considérer comme des métaphores du monde. »

V.F.

Si « l’art rend visible », comme l’affirme Paul Klee, les photographies de Valérie Graftieaux en sont une tentative dans cette façon de nous « donner à voir » une image du réel qui ne relève pas d’une première vue mais d’une vision autre, inédite, voire décalée. Il y va en effet chez elle d’une volonté à « fouiller » le réel, non point dans l’idée de le creuser ou de le retourner mais d’en explorer la part visible dans un rapport d’extrême proximité. Parce qu’elle dit vouloir « scruter, regarder le vivant, avec une acuité extrême », cela l’entraîne à la révélation d’une énigme. A faire voir la part d’étrangeté de l’objet de son étude. A en révéler une vue inattendue qui le déconnecte de sa réalité cognitive.
Tanins de thé (1997), Meurtrissures (2001), Pommes-momies (2001), Graines (2005), Dard (2006), Dent de sagesse (2008) : ce sont là autant d’images qui tentent la mise à vue de mondes secrets et de géographies subtiles, captés à fleur de peau, dans la révélation de leurs qualités et de leurs défauts, de leurs perfections et de leurs accidents. Si elles renvoient à toute une iconographie scientifique, plus particulièrement biologique, c’est que l’art de Valérie Graftieaux est requis par le vivant et qu’il s’en nourrit dans un rapport au temps, mémorable et prospectif.

Ph.P.

Eléments biographiques

Expositions

2008
Café Mainz, Galerie Ka5 et Mairie de Mayence (D) expositions personnelles à venir
Un trou, un mur, un visage, ACB, BarleDuc
CFPI 2008, La Chaufferie, Strasbourg
Aus gezeichnet / das Kraftfeld der Linie, KISS, Untergröningen (D)
PêleMêle, Strasbourg, Brumath, Ste CroixauxMines
Small is beautiful, Galerie SAS, Montréal (QC)

2007
Un trou, un mur, un visage, Maison d’art Bernard Anthonioz, NogentsurMarne
Les cérébrés, Centre Langage Plus, Alma (QC)
Valérie Graftieaux, Maison de France, Mayence (D) exposition personnelle

2006
La Perspective des ombres et des secrets, QPN, Nantes
Perceptible, Ceaac International, Strasbourg exposition personnelle
Itinéraires, Communauté de Communes de Barr et du Bernstein
Wahrnehmbar, Kunststiftung Baden Württemberg, Stuttgart (D)
Café Stuttgart, Institut Culturel Français, Stuttgart (D) exposition personnelle
Des Origines, In Extremis, Strasbourg exposition personnelle
Genius Loci / L’esprit du lieu, Wunderkammer, Stuttgart (D) exposition personnelle

2005
Regionale 6, Städtische Galerie Stapflehus, Weil am Rhein (D)
Une image possible du monde, École des Beaux-Arts, Nîmes
START, Foire d’art contemporain de Strasbourg

2004
Filiation, Espace Lézart, Colmar exposition personnelle
Éclairs du coeur, sous la lune aussi..., ACB, BarleDuc
Leur sourire d’un rose impitoyable, Le Coeur m’en dit, Strasbourg

2003/1997
Sélection du Festival Off, Rencontres Internationales de la Photographie, Arles
Transparent, circulaire et léger, Galerie Matthieu, Lyon
L’attente de rien, Appartement privé, Strasbourg
La Collection, Appartement privé, Strasbourg
Comme des ronds dans l’Ô, Espace Lézart, Colmar

Bourses et résidences

2008
Résidence à Mayence (D), en partenariat avec la région Rhénanie Palatinat,la Maison de France et la DRAC Alsace

2007
Résidence au Centre Langage Plus, Alma, Québec organisée par l’ACA/FRAC Alsace et le CEAAC avec le soutien de l’OFQJ
Bourse d’aide individuelle à la création, DRAC Alsace

2005
Résidence à l’Institut français de Stuttgart, programme d’échange entre le Land du BadeWurtemberg et la DRAC Alsace, organisé en partenariat avec le CEAAC

Formation

2008
CFPI, École Supérieure des Arts Décoratifs, Strasbourg

publié le 18 août 2009

Florent Belda

Né à Pierrelatte en 1984.
Vit et travaille à Angers.

Illust:

Florent Belda - Acarie, 40.2 ko, 236x236

Florent Belda - Acariens, 2009

Biscuit de porcelaine. 14 x 25 x 25 cm. Collection de l’artiste



De gros insectes taxidermisés, épinglés à l’intérieur de boîtes conditionnées, dont on ne sait pas, sauf à être un savant entomologiste, qu’ils sont proprement aberrants. Des dessus de cheminée en biscuit de porcelaine aux motifs d’acariens qui se combattent. La figure des milliers de fois agrandie d’un autre insecte aux allures de sculpture abstraite des années 1950... L’art de Florent Belda ne manque ni de référence, ni de savoir-faire, ni de dérision grinçante. S’il dit de lui qu’il est un « sculpteur animalier », il fait suivre aussitôt cette expression quelque peu surannée du qualificatif de « postmoderne » de sorte qu’il n’y ait aucune ambiguïté possible sur la façon dont il entend se présenter. La vingtaine à mi-parcours, tout fraîchement sorti de l’école des beaux-Arts, Belda s’inscrit d’emblée en marge d’une époque qui a fait feu depuis de longs temps d’une telle terminologie. Non seulement le bizarre, l’étrange et l’incongru résident chez lui dans sa posture mais aussi dans le contenu de son travail.
Si, pour Rimbaud, « Je est un autre », l’Autre, pour Belda, c’est l’Animal, et parce que la sculpture relève par nature de l’altérité, alors sa revendication de « sculpteur animalier » est pleinement pertinente. Mieux : elle est tautologique. Où la démarche de Belda trouve encore sa justification, c’est dans le renversement qu’il opère de nos habitudes perceptives. Quand il ajoute des pattes à un coléoptère, il biaise notre regard sur la vérité de ce que nous regardons ; quand il agrandit l’image d’acariens pour en faire les héros d’une saynète porcelainée, il le déroute et l’inquiète jusque même parfois le rebuter définitivement. Autant de manières qui font de ses œuvres qu’elles nous interpellent et nous interrogent. Sur la nature et la fonction de l’art. Sur notre rapport au visible. Sur ce que nous sommes, aussi.

Ph.P.

Eléments biographiques

Formation

2009
DNSEP section Art avec Mention Bien.

2007
DNAP section Art avec félicitations du jury.

2003-04
Année de préparatoire artistique SUPCREA, Grenoble.

2003
1ère année de DEUG MIAS (Mathématiques et Informatique Appliquées aux Sciences), à Grenoble.

2002
Obtention du baccalauréat section Scientifique

Expositions

2008
exposition collective « Cut-up Remix » aux musée des beaux arts, d’Angers

2008
exposition collective « monomaniaque » et « déplacement » à l’école des Beaux Arts d’Angers

2008
exposition collective « comme le soir tu fais lorsque derrière » au château d’Oiron

publié le 18 août 2009

Philippe Ramette

Né en 1961 à Auxerre.
Vit et travaille à Paris
Philippe Ramette / site Internet de la Galerie Xippas, Paris

Tout à la fois étranges, improbables et irrationnels, les objets-sculptures et les photographies de Philippe Ramette se présentent comme la matérialisation d’une idée folle. Si les uns comme les autres renvoient volontiers à l’ordre du corps, ce qu’ils supposent de sa mise en jeu ou de son épreuve relève d’une forme d’impensable qui défie le bon sens. A la part d’humour qui fonde ses oeuvres se mêle une dimension angoissante, voire morbide, comme si l’artiste cherchait toujours à interpeller l’autre pour mettre son regard en question.
D’une part, les dispositifs qu’il imagine - un tremplin au bord d’une fenêtre, un cerveau réfléchissant, un miroir à traverser, une tirelire en forme de crâne à fracasser... - en appellent à des situations insensées qui bousculent codes et conventions jusqu’à les retourner dans tous les sens. De l’autre, l’effet de subversion spatiale des photographies dans lesquelles Ramette lui-même se met en jeu est augmentée par leur prise de vue qui fait se basculer l’horizon à la verticale - et vice-versa. C’est là toute la force des images qu’imagine l’artiste. Rien ne transparaît des dispositifs qu’il y met en œuvre et le regard y est convoqué à l’expérience d’une fondamentale désorientation.
Invité phare de Sélest’art 09, Philippe Ramette intervient en trois lieux distincts avec toute une panoplie d’oeuvres qui visent à souligner l’unité dans la diversité de sa démarche. Quoique essentiellement incongrue, celle-ci nous touche parce qu’elle ose réaliser ce que nous avons parfois pensé sans jamais imaginer que cela puisse arriver. Ramette, lui, le fait et nous l’offre à voir, nous invite à l’expérimenter, sinon concrètement du moins mentalement. Ce qui n’est pas la moindre des aventures pour ce qu’elle induit de remise en question de notre rapport au monde.

Philippe Piguet


Eléments biographiques (sélection)

Expositions personnelles

2009
Institut Français, Madrid, Espagne 4 juin - 26 juillet
Institut Français, Tokyo, Japon.

2008
Gardons nos illusions, MAMCO, Genève, Suisse.
Philippe Ramette, L’art en direct, Boulogne Billancourt, France.

2007
Domaine départemental de Chamarande, France.

2006
Galerie Xippas, Paris, France.

2005
El mundo en que vivimos (avec Oliver Boberg). Koldo Mitxelena Kulturunea, San Sebastian, Espagne.
Musée de Picardie, Amiens, France.

2004
Galerie Xippas, Paris, France.

2002
Château de Oiron, Oiron, France.

2001
Eloge de la paresse N°II. La Verrière- Hermès, Bruxelles, Belgique.

Expositions collectives

2009
Parcours Saint Germain, Play Time, Louis Vuitton, Paris, France.
Oh quel beau déni que le débit de l’eau !, centre d’art contemporain, Abbaye Saint André, Meymac, France.
Un monde sans mesure. Mac, San Paulo

2008
Alice, son miroir et ses merveilles, Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle, Calais, France.
De L’impertinence, Maison de la Culture d’Amiens, Centre de création et de production, Amiens, France.
Festival de la Photographie, Darmstadt, Allemagne.
L’homme merveilleux, Chateau de Malbrouck, Maderen, France.

2007-2008
Paris en couleurs, Hôtel de Ville, Paris, France.

2007
Vraisemblances, Galerie Xippas, Paris, France
Duels, Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille, France

2006
La région humaine, Musée d’Art Contemporain de Lyon, France.
Profils : 15 ans de création artistique en France, commissaire : Philippe Piguet
Chauffe, Marcel ! FRAC Languedoc-Roussillon, France.
La force de l’art, Grand Palais, Paris, France.
Réinventer le visible, Kunsthalle Erfurt, Allemagne.

2005
Enchanté Château. Commissaire : Christian Bernard, Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, Château d’Arenthon, Alex, France.
L’idiotie, Expérience Pommery 2. Commissaire : Jean-Yves Jouannais, Domaine Pommery, Reims, France.

Collections publiques

Caisse des dépôts et consignations, Paris, France.
Centre des monuments nationaux, Château de Oiron, France
Domaine départemental de Chamarande, France.
Fonds Régional d’Art Contemporain Nord-Pas de Calais, Aquitaine, Champagne-Ardenne, Bourgogne, Basse Normandie, Poitou-Charentes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Champagne-Ardenne, Languedoc-Roussillon
Fonds National d’Art Contemporain, Paris, France.
Maison Européenne de la Photograhie, Paris, France.
Musée d’Art Contemporain de Marseille, France

publié le 18 juin 2009

Ji-Yeon Sung

Née en 1976 à Jochiwon (Corée du Sud)
vit et travaille à Paris

Illust:

Ji Yeon Sung - Femme, 10.6 ko, 274x276

Ji Yeon Sung - Femme tirant aiguille - 2009

Impression numérique sur bâche
300x300cm
Tour des Sorcières



« [...] Prédominance de la couleur grise, déclinée du gris perle au gris anthracite, et des matières certes nobles, mais austères : laines drues, épais coton, lin. Goût affirmé pour l’orthogonalité et le croisement des lignes : l’univers plastique de Ji-Yeon SUNG est austère, sans qu’aucune anecdote soit susceptible de distraire le regard, de le détourner de son affrontement avec les images nues. Quelques rares taches de couleurs : le rouge grenat d’un livre, le tissu délicatement fleuri d’un fauteuil. Quelques accessoires, aussi : un vase de porcelaine blanc, une souris d’ordinateur, des écouteurs à musique, une cage en bois vide de tout oiseau chanteur, un miroir dans lequel se mire avec anxiété une femme, sorte de contrepoint absolu au genre pictural codé de la Femme à sa toilette [...]

Jamais les sujets n’affrontent l’objectif. Le regard est toujours détourné, en biais, retiré dans le secret d’une intimité qui ne se livrera pas. Les corps eux-mêmes semblent fermés, « obtus » - au sens barthésien du terme -, empêtrés d’eux-mêmes. Comme évidés, las. Fatigue d’être soi ? Lassitude de devoir être au monde ? [...]

Solipsisme de ces êtres, radicalisme de leur présence abrupte qui laisse le regardeur glacé, et le renvoie in fine à sa propre solitude [...] »

Dominique Baqué
in « Etats de Corps », Art Press, n° 333, avril 2007.

« Les oeuvres de Ji-Yeon Sung s’offrent à voir comme des plans séquences qui montrent des figures en acte dans un moment suspendu frappé d’éternité. Quels qu’ils soient et quelle que soit la situation que l’artiste leur a imaginée, ce ne sont que des acteurs, les figurants d’un temps innommable que ne règle aucun système. L’artiste dit vouloir créer une fiction et vouloir éviter toute forme de violence et de théâtralité. Il n’en reste pas moins que ses images nous interpellent et que leur étrangeté ne nous laisse pas indemnes. »

Ph.P.

Eléments biographiques (sélection)

Prix

2006
Lauréat du jeune artiste coréen, Centre Culturel Coréen, Paris.

Expositions personnelles

2007
- La Chambre Ordinaire, Galerie Confluence, Nantes (44).
- La Chambre Ordinaire, Carte blanche à Philippe Piguet, Galerie RX, Paris.

2006
- A distance, Centre Culturel Coréen, Paris.

Expositions collectives

2009
- Chang Sung Eun and Sung Ji Yeon, Trunkgallery, Séoul (Corée du Sud).

2008
- 2éme Foire à la Photo, Galerie Confluence, Nantes (44).
- Contemporary Korean Art in the World 2 : contemporary Korean Artists in Paris, Hangaram Art Museum/Seoul Arts Center, Séoul (Corée du Sud).
- Toujours Aujourd’hui, Gallery Kashya Hildebrand, Zurich (Suisse).
- The Rising Young Artists From France, Gallery ICAM, Séoul (Corée du Sud).

2007
- Confort Moderne, Art Lux, Appartement privé Paris 11ème, Paris.
- Best of Photo Folio Arles, Farmani Gallery, Los Angeles (U.S.A).
- Les Rencontres d’Arles 2007, Photo Folio Gallery, Arles (13)
- Particules libres : Nouvelle génération d’artistes coréens en Europe, Cité internationale des arts, Paris.
- CIGE - China International Gallery Exposition, Pékin (Chine).

2006
- Au-delà des apparences, Centre Culturel Christiane Peugeot, Paris.
- Loterie d’art contemporain, Galerie des Minimes, Paris.

2005
- Le temps des gens, Musée de La Poste, Paris.
- Décalages horaires, Maison des arts de Créteil, Créteil (94).

Catalogue

2006
- Piguet Philippe, « A distance », in catalogue d’exposition personnelle, Paris, Centre culturel Coréen.

Presse

2008
- « La chambre grise avec la solitude quotidienne », Monthly Photo, Vol. 491, pp. 104-113, décembre.

2007
- Dominique Baqué, « Etats de corps », Art Press, n° 333, pp. 90-91, avril.

Collections publiques

2009
- Fonds régional d’art contemporain de Haute-Normandie, Sotteville-lès-Rouen (76)

2008
- Coreana Museum of Art, Séoul (Corée du Sud)

2007
- Busan Museum of Art, Busan (Corée du Sud)

publié le 17 juin 2009

Elly Strik

Né en 1961 à La Haye - Pays-Bas
Vie et travaille à Bruxelles

Illust:

Elly Strik, Die Ehe, 42.6 ko, 413x161

Elly Strik, Die Ehe (Le mariage), 2006


Huile, laque, graphite sur papier, 2,20 x 10 m
Courtesy de l’artiste

[...] Depuis 1985, Elly strik peint des portraits, généralement exécutés à l’hile, au graphite et au crayon sur de grandes feuilles de papier pouvant approcher les 3 mètres de haut par 2 mètres de large. Si les premiers portraits représentent son conjoint, elle s’oriente dans les années 90 vers une recherche essentiellement tournée vers la question de l’autoportrait, à laquelle vient s’ajouter à partir de 2001 l’emploi de masques qu’elle pose sur son visage avant de réaliser une photographie d’elle-même pour s’en servir comme base de travail.
Les masques utilisés tiennent alors lieu de visage de substitution, masquant parfois l’intégralité de la face, oblitérant parfois certaines parties seulement. A l’inverse, le masque peut être remplacé par son contraire, un effet évoquant les rayons X, et c’est alors un visage transparent, stratifié par une superpositions de couches diaphanes, qui nous est donné à voir. Mais, quoi qu’il en soit, l’entreprise consiste à ne jamais s’inscrire dans une représentation fondée sur le principe du « cela ressemble à » ou « cela est fidèle à » [...]

Jean-Charles Vergne
in : catalogue « Vous êtes ici » FRAC Auvergne 2000-2006


[...] « [...] Les dessins dans The Bride Fertilized by Herself ( La Mariée fertilisée par elle-même ) ont quelque chose d’inquiétant, comme si les forces bipolaires avaient implosé. De même que dans le dessin avec la plume de paon, qui supprime « l’oeil » masculin, le sexe féminin est un endroit blanc et vide. La mariée, qui s’est fertilisée elle-même, devient une mutante, tombe à corps perdu en extase, devient, comme chez sainte Thérèse d’Avila, son alter ego : Jésus, son époux, se révèle à travers elle avec ses stigmates. La mariée qui s’est fertilisée elle-même sombre dans un tourbillon, une « double contrainte », une situation dans laquelle la conscience, lors d’un moment de lucidité fulgurante, dérive et est soudain emportée dans la clarté ou les ténèbres. Elly Strik nous confronte à une situation extrême, en quelque sorte : celle de l’artiste qui est sur le fil du rasoir [...] »

Jean-Christophe Ammann


in : « The Bride Fertilized by Herself », Tornado Editions, 2009


Eléments biographiques (sélection)

Expositions personnelles

2009
La Bocca è baciabile, curated by Jean-Christophe Ammann, Laboratorio Kunsthalle Lugano (cat.)

2008
Species, DIX 291, Paris

2007
In search of the perfect (failure), Plug In, Van Abbemuseum, Eindhoven
Gorillas, Girls and Brides, Le10neuf, Centre régional d’art contemporain, Montbéliard

2006
Gorilla’s, Girls and Brides, De Pont, Museum of contemporary art, Tilburg (cat. with text by Jean-Christophe Ammann)

Expositions de groupe

2009
Ophelia, Sehnsucht, melancholie en doodsverlangen, curated by Krien Clevis and Flos Wildschut, MMKA, Museum voor Moderne Kunst Arnhem (cat.)
Tekens van leven en dood. Een keuze uit de collectie tekeningen van de provincie Utrecht, GEMAK, Den Haag
Jeugdzonde. Over opus één en opus min één, LLS 387, Ruimte voor actuele kunst, Antwerpen

2008
Brussels calling, curated by Berend Hoekstra, Museum Tongerlohuys Roosendaal (cat.)
Content consumer, a choice by Otto Schaap, Stedelijk Museum Schiedam Into Drawing, curated by Arno Kramer, Schloss Moyland, Bedburg-Hau (cat.)

2007
Brieven uit Arcadia, curated by Roel Arkestijn, Centraal Museum Utrecht
Whomen, curated by Felix Villanueva, GEMAK, Den Haag
Verborgen vrouwen, curated by Krien Clevis, Museum Amstelkring, Amsterdam
A travers le miroir (le secret), curated by Jean-Charles Vergne, Musée d’Art et d’Archéologie, Aurillac
Songs of innocence and agression, curated by Thom Puckey, National Gallery of Macedonia, Skopje (cat.)

2006
Jean-Christophe Ammann zeigt, (with Anke Rohrscheid and Lucie Beppler), Kunsthalle Palazzo, Liestal (cat.)
Into Drawing, Institut Néerlandais, Paris
Disclosures, Reuten Galerie, Amsterdam (with Mathilde ter Heijne and Barbara Polderman)

2005
A Visages Découverts, Le 10neuf, Centre régional d’art contemporain Montbéliard (cat.)
Summertime, Sabine Wachters Fine Arts, Knokke-Zoute
Pijn, Guislain Museum, Gent (cat.)
Into Drawing, Contemporary Dutch Drawings, Limerick City Gallery of Art, Limerick./ CODA, Museum Apeldoorn (cat.)
Nederland niet Nederland, Van Abbemuseum, Eindhoven

2004
Art Rotterdam, Reuten galerie, Rotterdam
Het eeuwige lichaam, Universiteitsmuseum, Utrecht, NL./ Villa Massimo, Rome (cat.)
Bestiae Animatae, curated by Bert Janssen, Cobra Museum of Modern Art, Amstelveen (cat.)
Tekeningen, Loerakker Galerie, Amsterdam

2003
Summer of drawings, Centraal Museum Utrecht
Een Keuze, MUHKA, Museum van Hedendaagse Kunst Antwerpen
Grand Tour, Museum voor Schone Kunsten, Gent
Vreemdeling als zelfportret, Le sujet du portrait, Galerie Ferdinand van Dieten - d’Eendt, Amsterdam
Ik of een ander, Moi ou un autre. Autoportraits d’artistes belges, Dexia, Brussels (cat.)
Over wij, About we, Van Abbemuseum, Eindhoven (cat.)

2002
Muhka te gast, Een Keuze van Flor Bex, Museum De Beyerd, Breda Vieuw, Loerrakker Galerie, Amsterdam, NL.
Inside Drawing, curated by Arno kramer, Galerie Nouvelles Images, Den Haag

publié le 17 juin 2009

Nicolas Prache

Né en 1980 à Beaune
vit et travaille à Paris

Juin 2004 Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique
1999-2004 Ecole nationale des beaux-arts de Lyon.

www.nicolasprache.com

Illust:

Nicolas Prache - (...), 16.2 ko, 276x96

Nicolas Prache - Le temps de la transition - 2006

150x52 cm - tirage lambda


Quoiqu’elles puissent paraître, les photographies de Nicolas Prache ne relèvent d’aucune espèce de science-fiction. Bien au contraire, elles puisent leur source dans le réel en ce sens qu’elles sont constituées à partir d’images captées par l’artiste lui-même. Chacune de ses oeuvres est l’objet d’un travail de montage très minutieux qui exige de celui qui le regarde de le scruter dans ses moindres détails afin de bien pénétrer l’univers de son auteur. Tout en visant à mettre en exergue les paradoxes ou les travers du monde d’aujourd’hui, les photomontages de Prache nous renvoient à une vision biaisée du monde qui multiplie notamment les situations étranges et incongrues d’une société à la dérive. Attentif à tous les événements qui gouvernent celui-ci, Nicolas Prache s’empare de sujets mondialistes dont la valeur symbolique lui permet de dire le monde tel qu’il le perçoit.

Le travail de Nicolas Prache repose sur une interrogation de l’image que, depuis les années 90, la mondialisation restitue d’elle-même. Il se nourrit notamment de toute une manne informative puisée sur Internet ainsi que d’autres médias comme la presse écrite ou la lecture d’ouvrages spécialisés sur le sujet qu’il veut traiter. Cela induit l’artiste à la réalisation d’un dessin préliminaire s’offrant à voir comme un résumé de tout ce qu’il a enregistré et qui lui sert de canevas pour créer par la suite une image numérisée qui mêle toutes sortes d’indices sans jamais chercher à leurrer le regard sur son caractère composite. L’idée de Prache est de partir d’un fait divers qui passe inaperçu, de le pointer du doigt et de réussir à en broder une image qui reste définitivement ancrée dans la mémoire. Comme il en est d’une peinture dès lors qu’elle colporte une idée forte et que l’image dont elle est faite imprime l’esprit du regardeur.

Ph. P

Eléments biographiques (sélection)

Expositions personnelles

2008
« Nicolas Prache », Adding Group, Paris.

2006
« Nicolas Prache », Centre culturel français, Freiburg (Allemagne).

Expositions de groupe

2005
- « Mulhouse 005, La jeune création contemporaine », Parc des expositions, Mulhouse (68).
- Galerie La Serre, Saint-Etienne (42).
- « Les enfants du sabbat 6 », Le creux de l’Enfer, Centre d’art contemporain, Thiers (63).

2004
- « Just what is it makes today’s homes so different, so appealing ? », Les Subsistances, Lyon (69).
- « Grey Blue Orange - Ville et Architecture », Espaces d’exposition des Abattoirs, Pau (64).
- Château des Adhémar, Centre d’art contemporain, Montélimar (26).
- « Le Mois de la Photographie » - « Bounce », Bangkok University Art Gallery, Bangkok (Thaïlande).
- « Thailand New Media Art Festival », British Council, Bangkok (Thaïlande).

2002
- « Collections », Biennale internationale de design, St-Etienne (42).

publié le 17 juin 2009

Myriam Mihindou

Née en 1964 à Libreville (Gabon)
Vit et travaille à Paris
Myriam Mihindou / site Internet de la Trafic Galerie



A propos de Déchoucaj’, série de photographies réalisées à Haïti - Port au Prince, 2004/2006

« Déchoucaj’ se présente en négatif, c’est le transfert d’une « réalité » entre spectre de l’histoire et indice. L’image a été déplacée.
Mes échanges par les rêves avec Georges Nesli renforcent ce désir de connecter par des images... Les scènes ne sont plus qu’une sensation : l’ouie, le toucher, un appel du corps, de l’Ame et des esprits. L’image est praesencia-potentia, un fluide qui traverse nos corps... Elle n’imagine pas, elle vit.
Déchoucaj’ en Haïti, c’est quelque chose qu’on arrache avec la racine. La photographie est vouée à représenter l’interstice d’une survivance de la mémoire haïtienne et de la nôtre, un dédoublement sans fin. Elle recherche un équilibre entre réalité et surnaturel dans un contexte social violent - chute d’Aristide, dérive politique - chargé de symboles, d’énergie et d’aura... Elle ouvre une autre parole.
Ici rien n’est programmé. L’oeuvre est ancrée y compris dans son esthétisme. Elle ne refuse ni l’approximatif, ni l’indécis, ni l’aléatoire, où les vides et les pleins recueillent Les corps imprévisibles, ceux-là, d’une conscience inqualifiable. »

Myriam Mihindou

« Si on doit faire un lien entre l’art contemporain et l’art traditionnel dans lequel j’ai été éduquée, ce que je retiens principalement c’est la présence, l’énergie dans l’oeuvre. Il y a l’énergie qui me porte. Sans doute prend-elle sa source au Gabon puisque j’y ai vécu longtemps, mais vient-elle uniquement du Gabon ? Chez moi, il y a des récurrences de formes, de matières, dont je me sers parce qu’elles ont une signification importante pour moi en tant que Gabonaise. Ce sont des matières culturelles, comme peut l’être une langue. Ce besoin instinctif de revenir à ses racines, ses origines, est une manière de se protéger. L’art contemporain dans lequel je m’inscris est totalement universel. »

propos recueillis par Dominique Blanc


Eléments biographiques (sélection)

Expositions Personnelles

2007
Galerie Peter Hermann, Berlin, Allemagne
Galerie GM, Montpellier, France
Tabula rasa, IF Rabat, Maroc
CCF Gabon,Libreville
Le passage est un pas de danse, Woman’s building,San Francisco, Etats-Unis
Matériel, immatériel, Musée Dapper,
septembre 2006/ juillet 2007, Paris, France

2006
Trilogie du détachement, galerie Le Cube, Rabat, Maroc

2004
organic flower, galerie Trafic, Ivry, France

2003
Les initiés caressent le ventre du cheval, C.C.F d’Alexandrie, Egypte

2002/01
Souriez, nous en ferons un drapeau, galerie Trafic, Ivry, France

Expositions de groupe

2009
Sakshi Gallery Synergy Art Foundation Ltd in collaboration with Centre for Contemporary Art Legos, Bombay, India
Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, château d’Arenthon, Alex, France

2008
Collectif 212, Casa Arabe, Madrid, Espagne
Slick, Trafic galerie, Paris / Travesía, Centro Atlántico de Arte Moderno (CAAM), Las Palmas de Gran Canaria, Espagne
Galerie Peter Herrmann, Berlin, Allemagne
Passage, Trafic galerie, Paris, France

2007
Africa Remix, Contemporary Art of a Continent, Art Fair, Lesotho, Durban, Cap Town, Afrique du sud
L’invention de la mémoire, Espace Jeumon, Ile de la Réunion
Africa Remix, Johannesburg, Afrique du sud
MOAD, Musée de la diaspora africaine, San Francisco, Etats-Unis

2006
Africa Remix, Moderna Museet, Stockholm, Suède
Mori Art Museum, Africa Remix, Tokyo

2005
Exposition collectif 212, galerie Le Cube, Rabat, Maroc
Universalism at Stake, dialogue with Senghor, Spacex, Angleterre
Africa Remix, Centre Georges Pompidou, France
Marokko Kunst & Design 2005, Wereldmuseum Rotterdam, Pays-Bas
Africa Remix, Hayward Gallery, Londres, Angleterre
Fest-hiver Lac & S, La Vitrine, Limoges, France
O Universal ? Diálogos com Senghor, Culturgest, Portugal

2004
Beauté.Afrique@Nantes, Le Lieu Unique, France
Afrika Remix, Museum Kunst Palast, Düsseldorf, Allemagne
Rites sacrés, Rites profanes, Nawao, Kornhausforum, Berne, Suisse

2003
Imaz, image, Hangar du Port, Ile de la Réunion, France
Cabinet d’amateur, galerie Trafic, Ivry, France

2000
Fécondité, Arthothèque, St Denis, Réunion, France
Photographies, galerie Trafic, Ivry, France.

Rencontres/Biennales/Forum/Résidences

2008
Africall’s, Casa Africa & We are here ! Las Palmas de Gran Canaria, Espagne

2006
4e forum transculturel d’Art contemporain, Le corps exploité, Port au Prince, Haïti

2004
3e Forum Multiculturel d’art contemporain, Code Noir, Port au Prince, Haïti

2003/04
Rites sacrés, Rites profanes ,5ème rencontres de la photographie africaine, Bamako, Mali

2001
L’été photographique, Centre de la Photographie, Lectoure, France.

publié le 17 juin 2009

Christian Lhopital

né en 1953, vit et travaille à Lyon et in situ
diplômé ENBA, Lyon
Christian Lhopital / site Internet de la Galerie Polaris




[...] Entre l’horreur du terrifiant et le risible du grotesque, l’univers de Christian Lhopital se situe dans un espace fantasmatique dérangeant. Si ses dessins d¹animaux ou de peluches se réfèrent au monde de l’enfance, ils en saisissent surtout ses démons. L¹innocence a laissé place à la férocité du réel et le dessin, qui aurait pu être édulcoré, prend ici la forme de traits acérés et nerveux. Dans les ténèbres du plein midi, les petites figures, écrasées, comme privées d’ombre, s’affichent impudiques et obscènes. La ligne vient faire bord dans l’espace flottant de la page blanche, violence de la violation, qu’alimente l’énergie pulsionnelle donnant corps aux créatures perverses. Christian Lhopital travaille sur un point de rupture d’équilibre entre ordre et désordre, forme et informe. Quand l’artiste recouvre les murs d’expositions, ses créatures fusionnent avec un environnement chaotique. Dans la démesure, les gestes compulsifs de l’artiste estompent le dessin pour créer des zones de turbulences, des atmosphères brumeuses et tourmentées. L’utilisation de la poudre de graphite permet cet usage de l’usure, creuse l’espace, et rend sensible le rapport au mur, situant le dessin hors de ses limites. Le mouvement est perceptible au-delà de la simple disparition dont le "wall drawing" procède. La nature même des opérations plonge en effet l’œuvre dans le registre du fantasme, envahissant et sans fard, associant répulsion et refoulement. La surface s’offre comme une zone d’indistinction et d’indétermination des figures qui renvoie à un espace où tout est possible mais où nos représentations perdent leurs formes et leurs fonctions. Dans cette présentation, l’obscène devient alors l’irrémédiable répétition d’un bouillonnement. Christian Lhopital joue sur un processus de déréalisation qui oscille entre vitalité animale et sauvagerie, et témoigne des liens subversifs et intempestifs que l’esthétique noue avec le réel.

Céline Mélissent
in : "et tout le tremblement", CRAC, Sète, 2004

Eléments biographiques (sélection)

Expositions personnelles

2008
L’énigme demeure, Musée d’art contemporain de Lyon
Ces rires et ces bruits bizarres, Galerie Domi Nostrae, Lyon
Un léger doute, Le Ring, artothèque Nantes

2007
Dream Drame, galerie Polaris, Paris

2006
Le Pavillon silencieux, galerie Domi Nostrae, Lyon
Wall dreamer, Galerie Polaris, Paris

2005
Récidive, monographie, Casino Luxembourg, forum d’art contemporain

2004
Lyon Montréal, Libres échanges, Galerie Devlin, Montréal

2003
Mauvais état, dans le cadre de Eau et gaz à tous les étages MAMCO, Genève

2002
Turbulences 1#, Espace arts plastiques, Vénissieux
Turbulences 2#, La Halle, Pont-en-Royans

2001
La réalité serait-elle dans son essence obsessionnelle, galerie Domi Nostrae, Lyon
Erased Move, Musée Géo-Charles, Echirolles

2000
5 rue Molière, dessins muraux, Lyon

Dessins muraux à la poudre de graphite

2008
L’énigme demeure, Musée d’art contemporain de Lyon, hauteur 3,80m ( 12m ; 11,90m ; 12m ; 11,90m)
Un léger doute, Le Ring, Nantes, 2,3mx4,80m et 2x4,20m

2006
Wall dreamer, galerie Polaris, Paris, 7mx2,90m

2005
De la rumeur des perles et des conques précieuses, Fondation Salomon, Château d’Arenthon, Alex, hauteur 3,80m x (6,20m ; 5,80m ; 6,20m ; 5,80m)
çà et là, Casino Luxembourg, forum d’art contemporain ; 8,13mx3,50m, 6,13mx3,50m,

2004
Et tout le tremblement, CRAC Languedoc-Roussillon, Sète, 7mx9,70m,

2003
Valse triste, Kunstraum, Innsbruck, 3mx6m, 3,20mx5,70m, 2,88mx6m
Mauvais état, MAMCO, Genève, 4,30mx4,25m et 2 fois 4,30mx3,82m

2002
Turbulences #2, La Halle, Pont-en-Royans, 5,20m x 6,40m
Turbulences #1, E.A.P.Vénissieux, hauteur 3m x (7,50m, 14,30m, 7,70m, 9m, 8m)

2001
Poussières, C.A.C. Parc Saint-Léger, Pougues-les-Eaux, 7mx6m
I see the sea, ARCA, Marseille, 3mx4m, 4mx5m, 3mx4m
Décombres de printemps, musée Géo-Charles, Echirolles, 2,80mx3,80m

2000
5 rue Molière, 2,30mx3,15m, 2,90mx3,30m, 2,30mx0,85m, 2,98mx2,60m

1999
Qui a peur ? galerie Domi Nostrae, Lyon, 2,37mx3,38m,

Collections publiques

Musée d’Art Contemporain de Lyon, Musée de Villefranche-sur-Saône, Musée Géo-Charles d’Echirolles
FNAC, FRAC Rhône-Alpes, FRAC Picardie, FRAC Ile-de-France, FRAC Limousin
Ville de Lyon, Ville de Villeurbanne, Ville de Vénissieux
Artothèques de Lyon, de Villeurbanne, de Nantes
Commandes publiques : Lycée Tassin-Charbonnières, Collège de Villié-Morgon

publié le 17 juin 2009

P. Nicolas Ledoux

Né en 1966, 1976, 1986, 1996, 2006
Vit et travaille à Paris
Membre d’Ultralab depuis Janvier 2000
Représenté par la Galerie Magda Danysz, Paris, France


Illust:

P. Nicolas Ledoux (...), 23.4 ko, 189x276

P. Nicolas Ledoux - Avec titre 02 - 2009

Sérigraphie noir et blanc
Courtesy galerie Magda Danysz, Paris


Stratégies du fossoyeur

Dessins saturés d’images-faites-mots et de mots-faits-images, tableaux sérigraphiés ou délégués à d’autres peintres, installations de peintures et peintures d’installation : dans la suite directe du collectif Ultralab™ auquel il participe depuis 2000, P. Nicolas Ledoux repousse l’éternel problème du statut de l’œuvre (de la signature, du plagiat) dans de nouveaux retranchements. Le « monde » de l’art devient ainsi le sujet de son œuvre : or, on sait que l’hommage rendu cache souvent la déclaration de mort implicite, la délimitation victorieuse d’une affaire (enfin) classée. P. N. Ledoux opère depuis cette zone dangereuse, réflexive et citationnelle, où l’art du XXe siècle est singulièrement mis en question (et à la question). Ce qui frappe toutefois immédiatement dans ces dessins à l’encre, collages, montages, reproductions diverses, c’est aussi une capacité inédite à mettre en crise les styles, les degrés de sens et les échelles. La question d’une existence de « l’art » comme monde séparée se pose ici avec un goût certain du décalage, et finalement, du travail plastique lui-même. Un jeu, donc, entre la tension conceptuelle et l’hétérogénéité baroque des formes, « jeu de noms » et jeu de piste faits pour désorienter [...]

Guillaume Gesvret
"Stratégie du fossoyeur", Mouvement, 2008

Eléments biographiques (sélection)

Expositions principales

avec ultralab™ : www.ultralab-paris.org

Expositions en solo

2009
What was the world I want, Galerie Hussenot, Paris
La main qui dessinait toute seule... (CHAP.3), Galerie Magda Danysz, Paris

2008
Tool Box, Entre-deux, 44 000 Nantes
Casino 23, invité de l’exposition de Pierre Belouïn, Dojo, Nice
Galerie Magda Danysz, Paris, France
Pièce unique, Contemporary Crt Center of the Annecy City Library, Annecy, France
Musée d’Art moderne (Section XXIe siècle) Département des Aigles, Bruxelles, Belgique
Hijacked Video Zine Exhibition, Stuttgart, Germany Drawing battle : Round 2 Ledoux Vs. Mathias Schmied, Olivier Houg Galerie, Lyon, France

2007
De notre temps, Art contemporain et collections privées en France, Musée de Grenoble, France
Et si..., Transpalette, Bourges, France
Stayin’ Alive, Tino Monera Gallery, New-York, USA
Sovereign European Art Prize 2007, London, UK
Chez Ghislai,n Galerie Ghislain Mollet-Vieville, Nancy, France
Drawing battle : Round 1 Ledoux Vs. Mathias Schmied, Galerie Magda Danysz, Paris, France

2006
Hijacked Video Zine Exhibition, Perth Institute of Contemporary Arts, Australia
Quand Cézanne peint, Académie Worosiskiga, Lyon, France
Œuvres décentes, La bergerie, Bourréac, France
Artistes pages jaunes, Galerie Magda Danysz, Paris, France
Keep on, Berger, Kunstsammlung, Düsseldorf, Allemagne

2005
FIAC 2005, Galerie Magda Danysz, Paris, France
Un peu plus près des étoiles, L’Or Galerie, Toulouse, France
Paris-Turin-Paris, Centre culturel français, Turin, Italy
Parisian Tendencies, Merry Karnowsky Gallery, Los Angeles, USA
Porte à faux et autres postures, Art&act, Québec

2004
La main qui dessinait toute seule 01, Galerie Magda Danysz, Paris, France
Artissima, Galerie Magda Danysz, Turin, Italy
Log In, Ville d’Angers, France
The Albatross Note, Galleri Magnus Karlsson, Stockholm, Sweden
Supermariomerzbaumgarten, Galerie Magda Danysz, Paris, France
Art Bruxelles, Galerie Magda Danysz, Belgium

2003
Art Fair, Galerie Magda Danysz, Köln, Germany
Je n’ai pas pu résister à être là, Centre d’art en l’Ile, Geneva, Switzerland

2001
The Magic Hour, Neue Galerie, Graz, Austria
Exposition Collective, Galerie Magda Danysz, Paris
Eye Infection, The Stedelijk Museum, Amsterdam, Netherlands

2000
Carnet d’adresse- une œuvre, un critique, un artiste, Musée de Louviers, France

1999
mixage, Galerie de l’alliance française, nokia art festival, C-centers : Raffles City, Singapore
The Fetish Paintings, Croxhapoxruimte, Ghent, Belgium

publié le 17 juin 2009

Gaël Davrinche

né en 1971 à Saint- Mandé
vit et travaille à Montreuil
http://davrinche.com/

Illust:

Gaël Davrinche - (...), 24.9 ko, 230x276

Gaël Davrinche - Ludwig Graf

220X180 cm.
Technique mixte sur toile
D’après Hans Baldung.



« [...] De Manet à aujourd’hui, nombreux sont les artistes dans l’histoire de l’art moderne qui, à un moment donné de leur parcours, voire à plusieurs reprises, convoquent leurs maîtres aînés. Ce genre d’allusions - qui abondent chez Picasso tout au long de sa carrière - est l’occasion pour les artistes qui s’y prêtent de ne pas s’embarrasser d’un nouveau sujet en mettant à plat les éléments constitutifs de l’oeuvre prise pour modèle afin d’en recomposer une image autre, décalée, totalement inédite, voire bizarre, étrange ou incongrue... Le choix qu’a fait Gaël Davrinche depuis quelques temps de s’en prendre à des figures de référence tient à la volonté qu’il a de rester au plus près de la peinture, le portrait étant le premier des genres. Il tient aussi à celle d’exercer la peinture en la mettant elle-même en jeu. De ne pas laisser le sujet l’emporter sur la peinture mais de le traiter à l’égal d’un médium. De la sorte, prétexte, motif et motivation ne font plus qu’un et c’est une voie royale que le peintre offre alors à la peinture, celle d’une permanente réincarnation dans l’espace et le temps* [...] »

Pour Sélest’Art 09, Gaël Davrinche a réalisé un ensemble de peintures de certaines des plus grandes figures qui sont tous des contemporains de Beatus Rhenanus. S’appuyant sur des portraits dont les images documentent l’histoire de l’art et celle de la Renaissance, il s’est saisi de personnalités aussi diverses que des souverains, des artistes ou des intellectuels. Martin Luther, Erasme de Rotterdam, Calvin, Jane Seymour, Philipp Melanchthon, etc., autant de noms familiers dans un lieu comme la Bibliothèque Humaniste. Libres de tout châssis, suspendues dans le vide, comme jadis les incunables fraîchement imprimés en phase de séchage, les toiles de Gaël Davrinche offrent à voir dans leurs marges les notes de travail et essais de couleurs qui ont participé à l’élaboration des oeuvres. Comme une mise à nu de la peinture.

Philippe Piguet
in catalogue « Gaël Davrinche : Dépeindre et repeindre », Musée de Soissons, 2006.


Eléments biographiques (sélection)


2001 - Prix Maurice Colin-Lefrancq
2000 - Diplômé de L’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts, Paris

Expositions personnelles

2008
- « Gaël Davrinche - Repères », Maison des arts de Malakoff, Malakoff (92).
- « Gaël Davrinche - Paintings », Espace Alexandre Carel, New-York (USA).

2006
- « Gaël Davrinche : Dépeindre et repeindre », Musée de Soissons, Soissons (60), catalogue.
- « Gaël Davrinche », Fondation Atelier de Sèvres, Paris.
- « Gaël Davrinche », Galerie Sabine Vazieux, Paris.

2005
- « Gaël Davrinche - Le cheval dans tous ses états », Galerie Sabine Vazieux, Paris.

2000
- « Gaël Davrinche », Galerie Sabine Vazieux, Paris.

1999
- « Gaël Davrinche », Musée de Soissons, Soissons, (60).

Expositions de groupe

2007
- « Baroquissimo », Fondation Claudine et Jean-Marc Salomon, Alex (74), catalogue.
- « Femme, Y-es-tu ? », Sénat, Paris.

2006
- « Comme un mur », carte blanche à Philippe Piguet, Galerie Christine Phal, Paris.
- « Nos amours de vacances », CIAC, Centre International d’Art Contemporain, CIAC Centre international d’art contemporain, Carros (06).

2005
- « États de Peinture », commissaire invité Philippe Piguet », Maison des Arts, Malakoff (92), édition d’un numéro de Semaine.

2002
- « Le temps des rires et des chants », Galerie Nathalie Pariente, Paris.
- « Salon de Montrouge », Hôtel de Ville, Montrouge (92)
- « Courant d’air, Courant d’art - 15 galeries exposent 15 artistes », La Galerie des Galeries, Galeries Lafayette, Paris.
- « Première Vue, commissaire d’exposition : Michel Nuridsany, Passage de Retz, Paris.

2001
- « Sincères Félicitations », commissaire invité : Anne Tronche, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris.
- « Salon de Novembre », Galerie Municipale, Vitry-sur-Seine (94).

1999
- « Exposition BASE », Paris.
- Musée d’art moderne, Céret (66).

publié le 16 juin 2009

Gregory Forstner

né à Douala (Cameroun) en 1975
vit et travaille à New York (USA)


Illust:

Gregory Forstner (...), 28.8 ko, 236x147

Gregory Forstner - L’origine du monde (le complot) 2006

Collection du Fonds National d’art contemporain, Puteaux


Il y a quelque chose d’un humour grinçant chez Gregory Forstner qui le conduit à imaginer des scènes étranges, parfois d’une extrême violence visuelle, mais dont on peut toujours finalement retourner le propos et faire ainsi basculer le sens versant caricature drolatique. L’artiste ne le cache d’ailleurs pas, ce qui l’intéresse - dit-il - « c’est le principe de monde à l’envers, de fête à l’envers ». Une dialectique que Forstner décline volontiers à l’ordre de l’emprunt iconographique en extirpant de tableaux de référence toutes sortes de figures inattendues qu’il réinvestit sur un mode décalé, voire grotesque. Ses figures d’hôtesses de l’air masquées d’un loup, mélange détonnant de Pietro Longhi et de James Ensor, rivalisent ainsi d’apparence incongrue avec ses molosses tour à tour philosophes, fumeurs ou paternels. Directement inspirés des illustrations de Sarnoff, ses tableaux de scènes de chiens qui jouent au billard tout en s’entredéchirant en disent long de la façon du peintre de se servir d’un modèle et de le subvertir. D’autant que les couleurs acidulées qu’il emploie participent à excéder l’insensé festif de la situation. Comme en témoignent autrement la palette vert bronze de ses troublantes saynètes d’intérieur aux sujets tortionnaires, inspirées par les gravures de Dürer et qui opèrent chez lui comme une nécessaire catharsis. Chez Forstner, la peinture est l’objet d’une inquiétante mascarade, portée par un goût du burlesque et du drame mêlant sans frein les mondes tant de Peter Sellers que de Kusturica. Un véritable patchwork qui fait encore se télescoper les genres convenus de la peinture d’histoire, de la scène de genre et du portrait. Si, comme on le dit volontiers, l’époque est à l’hybride, alors les oeuvres de Gregory Forstner ne manquent pas d’en être un symptôme éclairé.

Philippe Piguet


Eléments biographiques (sélection)

2008
- Artiste en résidence du Triangle Studios Programm, New York

2006
- Triangle Workshop - Artiste en résidence, New York

2002-2003
- Stipendium Villa Arson, Berlin

1999-2000
- École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris

1994-1999
- École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Villa Arson, Nice

Expositions personnelles

2009
- Gregory Forstner, Musée de Grenoble, Grenoble (38)

2008
- Gregory Forstner, Galerie Zink, Munich (Allemagne)

2007
- Gregory Forstner, Galerie Zink, Berlin (Allemagne)
- Gregory Forstner, Musée d’Art Moderne et d’art Contemporain, Nice (06)

2006
- Gregory Forstner, Galerie Jocelyn Wolff, Paris
- Gregory Forstner, Galerie de l’UQAM, Montréal (Canada)

2005
- Gregory Forstner, Pièce unique, Centre Culturel Français, Turin (Italie)
- Gregory Forstner, Galerie Jocelyn Wolff, Paris

2003
- Gregory Forstner, Galerie Jocelyn Wolff, Paris

Expositions de groupe

2008
- Whatʻs the point ..., Galerie Zink, Munich (Allemagne)

2007
- Fait en France, National Art Gallery, Sofia (Bulgarie)/ Musée National des Beaux-Arts, Riga (Lettonie)
- Dialogues Méditerranéens, commissaire : Suzanne Van Hagen, Saint-Tropez (83)
- De leur temps II, Musée de Grenoble, Grenoble (38)
- Peinture(s) : Génération 70, Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, Alex (74)

2006
- Villa Holiday Warsaw, Poland !, Galerie Jocelyn Wolff, Paris
- Everything is wrong, Kunsthalle Palazzo, Liestal (Suisse)
- Nos amours de vacances, CIAC Centre international d’art contemporain, Carros, France
- Profils - 15 ans de création artistique en France, Pera Museum, Istanbul (Turquie) / Benaki Museum, Athènes (Grèce)
- Galerie Jocelyn Wolff, Paris
- Ten new paintings, Parker’s Box, New York (USA)

2005
- La Réserve, Les Ponchettes, Nice (06)
- Etats de peinture, Maison des Arts, Malakoff (92)
- Eurostars, Galerie S.E, Bergen (Norvège)

2004
- Décomplexés / Without complex (avec Norbert Bisky et Steven Black), Galerie Jocelyn Wolff, Paris
- Galerie Soardi (avec Denis Castellas et Valérie Favre), Nice (06)
- Body Bilder, Kunsthalle Palazzo, Liestal (Suisse)

2003
- Lee 3 Tau Ceti Central Armory Show, Villa Arson, Nice (06)

publié le 15 juin 2009

Ursula Kraft

Née en 1960 à Stuttgart.
Vit et travaille à Paris.
http://ursula.kraft.free.fr/

traum-a (2004/2007)

« Rêver pour mieux se souvenir ; rêves peuplés d’êtres chers, de fantômes à jamais disparus, de lieux qui se juxtaposent, se mêlent et se brouillent, les rêves sont nos légendes et nos mythes intimes. Mais qu’en est-il de l’oubli quand le noir s’installe et envahit tout ? Qui ne se sera pas réveillé avec cette sensation, tour à tour douloureuse et fascinante, d’avoir replongé au plus profond d’une mémoire oubliée ? Douceur amère, douceur exaltante, désir de retrouver cet étrange goût de la réminiscence.
Dans cette installation vidéo, sept écrans diffusent sur fond noir le portrait grandeur nature de trois femmes, une fillette, un jeune garçon et deux hommes. Silence et concentration. Chaque personnage, torse dénudé, yeux clos, pris dans son intériorité, occupé par son propre rythme, effectue une lente rotation de la tête. Disposés en cercle, les moniteurs à la hauteur du spectateur, nous entourent, nous encerclent. Le spectateur est au centre du dispositif : une forme de face-à-face, générant une possible hypnose car, entraînés par leur ritournelle muette, nous plongeons dans notre propre désir de mémoire.
Qui ne cherche pas à retrouver ses souvenirs, à faire resurgir des bribes de mémoire, plus ou moins enfouis, plus ou moins tapis dans les plis de l’inconscience ? Qui n’aura pas vécu cette soudaine émotion de retrouver un goût, une odeur que l’on ne saurait ni décrire, ni raconter tant l’intensité est grande ? Quand la perte est immense et que l’oubli s’installe, qu’en est-il de cette sensation dramatique de voir renaître la mémoire de l’oubli ? Renaissance ou traumatisme ? Ne faut-il pas se replonger dans le trauma pour pouvoir en sortir ?
Comme la mémoire n’en finit pas de divaguer, de vagabonder, de fouiller de façon à combler les blancs, à raccorder les manques, à recomposer une histoire, à faire en sorte, peut-être, que le présent s’étende ou que le passé devienne du présent, de l’ici. Entre la paix et le tourment, entre le rêve et le trauma, ces visages portent en eux la trace d’une souffrance apaisée. Qui sont-ils ? Une même famille ? Peu importe. Le temps s’est écoulé, et s’écoule devant nous, avec eux [...] »

Estelle Pagès
in : « Imaginer l’invisible », exposition Maison des Arts, Malakoff (92), 2009

Eléments biographiques (sélection)

Expositions personnelles

2009
- Maison des arts de Malakoff, Paris

2008
- Galerie de la Ville Sindelfingen, Stuttgart

2005
- Galerie Vayhinger, Radolfzell

2002
- Galerie Schüppenhauer, Cologne & Galerie Vayhinger, Radolfzell

1999
- Goethe-Institut, Paris

Expositions de groupe

2005
- Festival „16e Rencontres photographiques“, Lorient

2004
- Gesellschaft Freunde Junger Kunst, GFJK, Baden-Baden

2002
- Galerie Corinne Caminade, Paris

2001
- Centre d’art contemporain, Radolfzell

2000
- Biennale Européenne d’Art Contemporain, Eragny

Collections publiques

Fonds National d’Art Contemporain, FNAC, Paris,
Maison Européenne de la Photographie, MEP, Paris,
Musée Staatsgalerie de Stuttgart, Galerie de la Ville de Stuttgart,
Galerie de la Ville de Sindelfingen,
Collection de la DG-Banque, Francfort, Collection de la LB-Banque,
Stuttgart, Collections privés

publié le 14 juin 2009